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Il faudrait finir par les enregistrer sur un fichier national ad hoc, les dénombrer et leur demander des comptes. Combien, aujourd’hui ? Quelle récolte ? Et où ? Leur recherche dans les poubelles de la ville n’est ni valorisée ni sanctionnée : certains en font moins que d’autres. Pourtant, ils ont un rôle écologique, ils récupèrent ce qui peut l’être, cette nourriture ou ces petits objets qui, sans eux, seraient broyés dans les camions-bennes verts et blancs de la Propreté de Paris ou ceux, immaculés et privés, de Veolia.

De plus en plus nombreux, ils pratiquent à leur manière un « tri sélectif » que les autorités ont déjà encouragé. Au moins, ils ne stationnent pas devant les distributeurs de billets en tendant la main pour demander un euro à l’utilisateur plus fortuné, comme s’il s’agissait de crachoirs à pièces de monnaie. Ils savent se faire discrets et portent même parfois un uniforme : qu’attend-on pour rendre celui-ci obligatoire ?

A l’heure des patrons des sociétés du CAC 40, payés au mérite pour les profits qu’ils savent engranger, et au moment où les chambres des hôtels de luxe vont être soumises en France à une taxe scandaleuse (ce n’est pas encore le cas pour le Sofitel sis à New York), ces « glaneurs », comme dirait la chère Agnès Varda, montrent l’exemple à leur manière. Mais ils dorment où, au fait ?

Pauvre armée des trottoirs, bientôt encombrés par des bataillons de combattants pour la survie en tenue de camouflage.

(Photo : Paris, hier. Cliquer pour agrandir.)

(Charles Trenet, Y’a d’la joie)

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