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J’avais aperçu mardi ce panneau publicitaire à l’entrée du chantier, et l’arcane 17 me renvoyait à l’anniversaire aujourd’hui que nul ne pouvait oublier. Je me promis de relire le livre maintenant transformé en comédie musicale, comme si tout, dans notre beau pays, devait se terminer en chansons.

Depuis hier soir, le candidat socialiste à l’élection présidentielle, désigné démocratiquement, connaissait l’adversaire  qui se trouverait en réalité sur sa route.

« Il faut savoir que ce nosferatu ne meurt pas, comme l’abeille, une fois qu’il a fait une victime. Au contraire, il n’en devient que plus fort ; et, plus fort, il n’en est que plus dangereux. Le vampire qui se trouve parmi nous possède, à lui seul, la force de vingt hommes ; il est plus rusé qu’aucun mortel puisque son astuce s’est affinée au cours des siècles. Il se sert de la nécromancie, art qui, comme l’indique l’étymologie du mot, consiste à évoquer les morts pour deviner l’avenir, et tous les morts dont il peut approcher sont à ses ordres. C’est une brute, et pis qu’une brute ; c’est un démon sans pitié, et il n’a pas de cœur ; il peut, avec pourtant certaines réserves, apparaître où et quand il veut et sous l’une ou l’autre forme de son choix ; il a même le pouvoir, dans une certaine mesure, de se rendre maître des éléments : la tempête, le brouillard, le tonnerre, et de se faire obéir de créatures inférieures, telles que le rat, le hibou, la chauve-souris, la phalène, le renard et le loup ; il peut se faire grand ou se rapetisser et, à certains moments, il disparaît exactement comme s’il n’existait plus. Dans ces conditions, comment devons-nous nous y prendre pour le détruire ? Comment le trouverons-nous, et, l’ayant trouvé, comment le ferons-nous périr ? Mes amis, l’entreprise est aussi ardue que terrible, et, à songer aux conséquences qu’elle peut avoir, l’homme le plus courageux frémirait. Car si nous échouons dans la lutte, alors son triomphe, à lui, est certain. Et qu’adviendrait-il dans ce cas ? Pour moi, ce n’est pas de perdre la vie qui me fait peur. Mais notre échec signifierait tout autre chose qu’une question de vie ou de mort : nous deviendrions semblables à lui, des créatures de la nuit comme lui, sans cœur ni conscience, faisant notre proie des corps et des âmes de ceux que nous aimons le plus au monde. »

Bram Stoker, Dracula, 1897 (Editions Actes Sud, Babel 1997, N° 268, pages 393-394).

(Photo : cliquer pour arracher la surface des choses.)

(Donovan, Season of the Witch)

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