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L’aimant attire aussi de l’autre côté de la frontière, qui n’est plus marquée que par une petite cahute grise avec une cocarde tricolore (les coupures qui rythment le macadam vous feraient croire que vous êtes dans un train régional).

(Photos prises le 27 octobre : les agrandir est permis, une fois.)

Cette ville d’Ypres (Belgique) n’est qu’à une quinzaine de kilomètres de Bailleul (France) et chaque fois j’y sens le parfum, ou plutôt l’odeur, de la guerre de 14-18, mais sans les roulements de la canonnade.

Ce n’est pas heureusement un nuage d’ypérite, mais quelque chose d’indéfinissable, comme le souvenir des tués lors des batailles, leurs âmes détachées des hauts murs où coquelicots et petites croix en bois accompagnent parfois leurs noms, en plus des couronnes en plastique avec des mots manuscrits sous pochette transparente et anti-pluie.

Le monument de la porte de Menin, avec sa conception baroque (ses deux ouvertures vers le ciel), demeure puissant et étrange comme un Ovni rectangulaire. Je repense, je ne sais pourquoi, même s’il ne s’agit pas de la même période historique, à La Route des Flandres de  Claude Simon.

Sur la grand-place, l’ancienne Halle aux draps sent le propre et le repassé. Dans un des nombreux cafés, la dégustation d’une bière St Bernardus (10,5°) me rappelle que le houblon est aussi un ange noir.

(Arnold Schoenberg, Pierrot lunaire, extrait)

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