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J’avais envoyé jeudi une photo sur Twitter, comme ça, pour illustrer brusquement une idée, et je me suis dit que je l’avais en quelque sorte « grillée » pour l’utilisation sur mon blog LTAG, mais ce n’était pas plus mal car elle serait peut-être ainsi aperçue par une ou deux dizaines de passants gazouilleurs, les uns chassant les autres à la vitesse de la marée montante.

Ce matin, je republie cette image (pourquoi s’embêter ?) sous deux formes : la capture d’écran, hier, du site de « microblogging » à l’instant T, et puis la photo elle-même puisque le lien Twitpic indiqué n’est pas utilisable d’un simple clic ci-dessous.

(Cliquer pour agrandir.)

Souvent, le trottoir est miroir – pourtant on ne dit pas « faire le miroir », sauf avec de l’Ajax vitres – à cause du ciel fugace, et s’il y a une flaque d’eau, donc de ciel, et tel ou tel reflet accidentel.

Ici, la conjonction de la « bande rugueuse » (comme en bordure des quais du métro ou sur les autoroutes pour éviter au conducteur l’endormissement fatal) avec cette glace brisée, m’avait écorché le regard, comme si j’étais devenu moi-même un aveugle qui recouvrait soudain la vue.

J’ignore combien de « followers » sur Twitter ont remarqué la photo (pourtant, le chiffre s’affiche) et je pourrai connaître demain matin le nombre de visiteurs qui auront passé « 1 minute au moins », comme le précise François Bon à chaque fois sur son site, à la regarder sur cette page – mais qu’importe.

Car l’exigence pointée par Philippe Annocque (« Éloge d’une Soupçonnée », dirait René Char) est tout simplement celle de tenir le coup, la ligne, l’horizon même inaccessible.

Une photo peut alors faire penser à tout cela, et, ici, à ceux qui ne peuvent voir – ils sont bien plus de quinze ou vingt – la beauté parfois de l’inattendu.

(Photo : cliquer pour ouvrir le champ.)

(Ray Charles, Drown In My Own Tears)

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