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Il est normal (comme dirait le candidat du PS) que son portrait s’affiche à tous les coins de rue : regardez ces moustaches fièrement dressées, style troisième République, ce regard torve derrière des lunettes qui voudraient jouer la transparence, cette politique réinventée des « Trente Honteuses » (sic) comme l’a dit hier soir Franz-Olivier Giesbert (directeur du Point) sur France 2, cet air placide et duplice tout à la fois, ce « mou » qui s’est durci à force de régime – celui de la ceinture qu’il voudrait imposer à la France des honnêtes gens, des travailleurs dociles et non syndiqués, et des entrepreneurs qui récoltent le juste salaire de leurs affaires développées tous azimuts et avec la bénédiction du fisc.

Il est inquiétant de voir désormais ce candidat de gauche monopoliser tous les médias, ici sous prétexte d’un meeting au Bourget (dimanche), là d’une conférence de presse (mercredi), et enfin ce jeudi soir sur une chaîne de télévision (d’accord, une seule était occupée, mais il vise petit), et en faisant convoquer, pour lui donner la contradiction, Alain Juppé, un ancien Premier ministre, homme politique au-dessus de tout soupçon, toujours « droit dans ses bottes » fabriquées sans doute sur mesure à Romans (Drôme).

Il est pénible, enfin, de voir le paltoquet vicieux – cet Hollande est dangereux – sembler croire que c’est dans la poche, qu’il va pouvoir être « le favori du mois de janvier et en mai, les électeurs choisiront », tout cela sur un simple coup de baguette magique, et uniquement grâce à un conglomérat d’arguments économique plus ou moins controuvés, lui qui se prétend « le seul à pouvoir porter le changement ».

Non, soyez tranquille, Nicolas Sarkozy ne risque rien (surtout si certains Français restent chez eux lors des élections, les 22 avril et 6 mai prochains, ou votent pour des candidats exotiques) : dimanche soir, l’homme dont le nom est imprononçable va enfin montrer de quel bois il se chauffe – l’ami Bolloré lui aurait donné un cours privé sur quelques essence rares – et reprendre du poil de la bête après un petit « passage à vide » orchestré par la presse aux ordres.

Dormez, braves gens, le gentil marchand de sable va puiser dans son sac et arroser vos paupières, depuis les nuages élyséens, de sa caresse minérale !

(Photo : Paris, rue des Petites écuries, 10e, le 25 janvier. Cliquer pour agrandir.)

(Count Basie, April in Paris)

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