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Dans le petit froid qui commençait hier matin à envahir Paris, j’avais décidé d’aller à pied, depuis le quartier de la place de la République, jusqu’au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme où l’exposition consacrée à Walter Benjamin et ses archives se terminait bientôt. J’en dirai quelques mots seulement samedi, car demain ce sont les « Vases communicants » avec Catherine Désormière, et il faudra que l’on boucle notre échange aujourd’hui même.

(Paris, place de la République. Cliquer ou tapoter l’image pour agrandir.)

Tandis que dehors la misère s’étale au soleil – les Parisiens n’ont pas encore l’inconvénient ou le privilège de la neige –  le froid pince de plus en plus : on nous serine d’ailleurs qu’il vient de Sibérie (- 3°C, pourtant, ce n’est rien par rapport à Metz ou à Besançon). Serait-ce alors un signe politique avant-coureur, comme l’agression dont a été victime le candidat (déclaré) du PS aux élections présidentielles ?

(Paris, rue de Turbigo. Cliquer ou découvrir l’image pour agrandir.)

Ici, les SDF sont assis devant les distributeurs bancaires ou à l’entrée des Franprix et U express (« Juste 50 centimes d’euros ! » murmurent-ils en tendant la main sans arrogance). Une fois passé le grand Monoprix et son panneau déroulant de décoration, il suffit de suivre la ligne droite de la rue du Temple (3ème). L’une de celles qui gardent encore précieusement des magasins « à l’ancienne » – ou ce porche avec son inscription : Le Bel Arlequin – et qui semblent défier inconsciemment le temps et l’avidité des promoteurs et marchands… du temple, surtout dans le domaine de la fringue de luxe.

(Paris, rue du Temple. Cliquer ou dérouler l’image pour agrandir.)

En allant, un peu plus loin, me plonger dans les papiers, « écrivailleries » et photos de Walter Benjamin soigneusement présentés sous vitrines, je songeais qu’il n’avait pas connu le développement de la communication désormais mondialisée (son fils fabriquait ses propres timbres).

Or, j’ignorais que le soir même, devant mon écran d’ordinateur portable, je pourrais oser dire, après avoir appris l’édition par François Bon, chez Publie.net, de mes 140 tunnels envoyés à la fin de l’année dernière et début janvier sur Twitter : « Oui, je viens dans son temple adorer l’Internet ».

J’avais l’impression soudaine qu’un petit vélo (« à l’ancienne », lui aussi) tournait dans ma tête comme sur une piste de course en bois, cylindrique et relevée haut dans les virages.

(Paris : rue du Temple. Cliquer ou bouger l’image pour agrandir.)

(Miles Davis, So What)

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