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Et voilà que le candidat des marchés, contre lesquels il vitupère, le héraut piteux de la Bourse et des entreprises délocalisantes, avec l’Etat comme petit actionnaire, publie ce matin dans Le Figaro Magazine (« À vos rangs, fixe ! ») son programme sous forme d’une véritable affiche électorale sur laquelle il étale clairement ses « valeurs » les plus réactionnaires (objectif :  ne pas laisser le champ libre à la fille Le Pen).

Alors, aujourd’hui, relire un peu de poésie pour respirer, aspirer l’air pur qui viendra – il suffit peut-être de le vouloir fermement – chasser le pantin agité de la phynance, au sens ubuesque du terme.

« L’étoile reprend sa place majeure entre les sept planètes de la fenêtre dont les feux s’atténuent pour l’imposer comme la pure cristallisation de la nuit. Dans le seul angle qui restait encore muré de ténèbres, les griffes de mille lynx lacèrent tout ce qui empêchait de voir, dégageant un arbre le long des branches duquel elles se fixent et dont le feuillage est d’un vert si fascinant qu’il paraît fait des yeux de ces lynx mêmes. J’attends que tout soit rendu à sa sérénité première. La jeune femme continue à incliner sur la terre et sur l’eau ses deux vases, le dos tourné à l’arbre épineux. Mais imperceptiblement la scène tourne… que se passe-t-il ? L’acacia se rapproche jusqu’à occuper tout le champ, ne dirait-on pas  qu’il écarte de ses bras les montants de la fenêtre ? Prodige ! il marche sur moi, il va me renverser : je fais un rêve. »

André Breton, Arcane 17, New York Brentano’s, 1944 (UGE, 10/18, 1965, N° 250, page 95).

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(Maurice Ravel, Une barque sur l’océan)

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