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(lemonde.fr d’hier soir. Cliquer pour agrandir. Le tag a été rajouté.)

Finalement, ça c’est très bien passé, la petite Ferrari blonde n’a pas été agressive, j’ai pu placer mon « bouclier » (fiscal) quand il le fallait, les Français attendent un protecteur, j’ai montré que, malgré quelques erreurs – ne surtout pas employer les termes de « bling-bling » et de « pouvoir d’achat », avaient dit mes conseillers – ma politique était une brillante réussite (autonomie des universités, réforme des retraites…) malgré les plus grandes crises que l’on ait connues en trois ans depuis la fin de la seconde guerre mondiale, oui, je suis un capitaine de navire qui n’abandonne pas son poste, la France n’est pas un ferry (pas un Luc non plus) mais un réseau ferré, je suis resté ferme aux manettes et je ne suis pas tombé dans le catastrophisme, mon maître mot est le travail et ceux qui le refusent, ces assistés, ils ne le feront pas deux fois, comme en Allemagne, mon modèle, d’ailleurs le slogan de ma campagne, qui a fuité un peu trop vite, c’est « La France forte », une allusion cachée et subliminale – comme un Witz freudien, m’a appris récemment Jean-Michel Goudard – à « la Francfort », la saucisse préférée des Français et des Allemands, j’ai téléphoné à Angela avant d’entrer dans le studio de TF1 hier soir (pourquoi ils ont collé leur logo transparent sur la vitre derrière moi, juste devant la tour Eiffel ?) pour faire ma déclaration sur une seule chaîne (Francis Bouygues m’a accueilli, voilà un exemple de parcours dont tous nos petits roquets de l’opposition devraient s’inspirer), alors que ces distinctions droite/gauche relèvent du XXe siècle, mais ils n’ont pas vu qu’on était dans le XXIe siècle, il faut être de son temps (dire à Carla de faire venir à l’Elysée une copie du film sur Margaret Thatcher), et Angela, meine Liebe, était ravie, elle viendra bientôt me soutenir, à Annecy aujourd’hui et Marseille dimanche, c’est un peu court mais plus tard on fera un beau couple sur les estrades et moi je ne passe pas mon temps à critiquer comme l’autre, successeur de Queuille (très bien, la Françoise Fressoz du Monde !), je propose des solutions, je vais redonner la parole au peuple et je fais don de ma personne à la France ressuscitée grâce à mon indomptable détermination, mon courage de fer, ma volonté de feu comme chez ArcelorMittal, et en tant que candidat suprême je vous le dis : mangez car ceci est mon corps, buvez car ceci est mon sang, priez, le royaume des cieux vous appartient ici-bas.

Et si, en cas de catastrophe le 6 mai (Groß Malheur !), je n’étais pas élu président de la République, je ne serais pas foutu pour autant, j’ai déjà assuré mes arrières.

(Photo : Paris le 14 février, rue René Boulanger, 10e. Cliquer pour agrandir.)

(Mireille Mathieu, Non, rien de rien…)

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