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« Parmi les dissensions qui interviennent dans les républiques, les unes sont funestes et les autres utiles. Les funestes sont celles qu’accompagnent les factions et les partis ; les utiles sont celles qui subsistent sans partisans et sans factions. Et comme le fondateur d’une république, qui ne peut empêcher les inimitiés d’y naître, doit pourvoir au moins à ce qu’il n’y ait point de factions, il faut remarquer à ce sujet que, dans un État, les citoyens ont deux moyens d’acquérir une réputation : elle prend naissance, ou dans les services publics, ou dans les services particuliers. Les services publics consistent dans le gain d’une victoire, dans la prise d’une ville, dans une mission qu’on remplit avec zèle et prudence, dans les conseils heureux et sages qui éclairent la patrie. Les services particuliers consistent à favoriser indistinctement, tantôt un citoyen, tantôt un autre, en les défendant contre les magistrats, en les secourant de ses richesses, en les portant à des honneurs qu’ils ne méritent pas, ou à se rendre agréable à la multitude par des largesses et par des jeux publics. Cette dernière conduite est celle qui produit les factions et les partisans ; et, autant le crédit ainsi obtenu est pernicieux, autant est utile celui qui est exempt du mélange des factions ; car c’est sur le bien commun qu’il se fonde, et non sur des intérêts particuliers. Et quoique, parmi les citoyens de cette espèce, on ne puisse empêcher les inimitiés de s’allumer, comme elles ne sont point entretenues par des partisans qui y trouvent leur utilité personnelle, elles ne sauraient nuire à la république : bien loin de là, elles lui deviennent utiles, puisque, pour l’emporter sur un rival, il faut, par ses actions, contribuer à la grandeur de l’État, et se surveiller réciproquement, pour que personne n’outrepasse les limites de la vie civile. »

Nicolas Machiavel, Le Prince et autres textes : Histoire de Florence (extraits), UGE 10 x 18 N° 29, 1963, pages 114-115.

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En fin d’après-midi, à Paris, le dispositif policier se mettait en place rue Notre-Dame de Nazareth (3e), près de la place de la République, pour recevoir les visites officielles à la synagogue après la tragédie de Toulouse.

On apprenait plus tard que la campagne électorale était suspendue (jusqu’à mercredi pour Nicolas Sarkozy) et que François Hollande avait annulé sa participation, prévue hier soir, à l’émission calamiteuse de Canal +.

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(Johann Sebastian Bach, Suite pour violoncelle N°2 en Ré mineur, Prélude, Yo-Yo Ma)

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