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Il m’a fallu patienter durant trois quarts d’heure, hier matin, mais c’était impromptu. Un type dans la fille d’attente s’est même énervé et a interpellé l’un des gardiens à l’entrée :

– Dites donc, ça fait presque une heure qu’on attend et j’ai vu au moins trois classes d’enfants qui sont passées devant tout le monde !

– C’est normal, ils avaient réservé…

Finalement, on a pu rentrer : devant moi, la fille blonde avait presque eu le temps de terminer son livre de poche, le titre était Gatsby le magnifique.

Cette expo Doisneau Paris Les Halles (du 8 février au 28 avril) se déroule véritablement comme une réussite – ou un jeu de cartes – puisque le photographe a su lier la nostalgie (les anciennes halles de Baltard et la vie saisie sur le vif de leurs occupants), la désespérance (la démolition des pavillons, sauf un, puis le trou des Halles) et la vue de l’inexorable : le déménagement (1er mars 1969) vers « le cubique Rungis », là où le président actuel de la République va rencontrer épisodiquement « la France qui se lève tôt ».

Le Forum des Halles, à nouveau lui-même pris maintenant dans la transformation, ouvrira dix ans plus tard.

En suivant le parcours simple des photos accrochées chronologiquement (beaux clichés noirs et blancs, et quelques-uns en couleurs, dont celui repris en affiche), on repense à l’expression par laquelle Robert Doisneau a modestement défini son art à cette époque : « une piègerie de braconnier ».

J’ai actionné mon petit obturateur personnel – d’autres visiteurs le faisaient aussi – même si les 200 photos exposées se trouvent facilement partout (ouvrir le lien plus haut). En voici donc quelques-unes ici.

(Cliquer : cette photo en cache une autre.)

(Cette photo en dissimule une autre.)

(Cette photo en camoufle une autre.)

(Cette photo en masque une autre.)

(Cette photo en suppose une autre.)

(Cette photo en propose une autre.)

(Cette photo en dépose une autre.)

(Cette photo prélude à une autre.)

(Cette photo introduit à une autre.)

(Cette photo, si l’on clique, mène à la dernière de la série de vingt.)

(Django Reinhardt, Minor Swing)

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