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Alors, comme ça, vous louez votre boutique rue Charlot ? Je suis passé jeudi devant celle-ci, j’ai lu l’annonce sur la vitrine, j’aimerais pouvoir y répondre positivement – même si  la « rue lumineuse », quand même très étroite, ne vaut sans doute que par ces jours de plein soleil.

Si je possédais l’argent pour le loyer, je vous dirais tout de suite : « Topez-là ! ». Et ensuite je transformerais ce local (je ne sais pas trop ce que vous y proposiez) en une petite librairie. La rue Charlot n’est peut-être pas très passante mais il suffit d’ouvrir en même temps un site sur Internet, il y aurait peu de livres pour encombrer l’étalage, et à l’intérieur on trouverait, comme dans un cyber-café, deux ou trois micros (pour ceux qui n’ont pas de smartphones) afin de pouvoir consulter, par exemple, un catalogue qui ouvre vers l’aventure. On pourrait aussi discuter et boire un verre.

Surtout, j’aimerais que vous me cédiez la cheminée qui rougeoit, juste derrière votre écran. Elle me plaît particulièrement, elle apporte la chaleur et l’intimité que l’on recherche dans un lieu de lecture, de feuilletage ou d’achat public : de client, ailleurs, je deviendrais alors vendeur, ici (mais on l’est aussi quand on parle à quelqu’un d’un livre aimé).

Ce n’est peut-être pas le jackpot ou le paradis, je m’en doute. J’ai constaté d’ailleurs qu’il y avait un certain nombre de boutiques, dans votre rue, qui étaient en travaux pour « cession d’activité » ou transformation. Il faudrait que je regarde aussi leurs conditions financières.

Au fait, vous pensez que ce sera un marchand de vêtements chics qui va saisir l’occasion ? On parie ?

(Photo prise le 29 mars. Cliquer pour agrandir.)

(Ray Charles, Questions)

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