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Hier, dans l’après-midi, la victoire de François Hollande sur son rival Nicolas Sarkozy était déjà annoncée, même avec un écart exagéré, par La Tribune de Genève comme La libre Belgique. Les infos circulaient à toute vitesse sur Twitter et ailleurs.

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Peu après l’affichage des estimations officielles à 20 heures sur France 2 (les vues des QG respectifs du PS et de l’UMP donnaient, juste avant, l’image de la réussite et de l’échec), le Président-sortant reconnaissait, dans un discours d’autosatisfaction et de peu de tenue, à l’image de son quinquennat enfin dézingué, sa défaite prévisible.

On partait en métro (bondé) vers la Bastille mais on descendait une station plus tôt, à Bréguet-Sabin. Jack Lang attendait sous une tente, et l’énorme 4 x 4 de Yannick Noah montait au filet.

Dans la rue de la Roquette, le rassemblement était incroyablement compact et les gens naviguaient dans les deux sens. La fumée des merguez remplissait l’air, la colonne de Juillet tremblait sous mai, les manifestants ou électeurs – qualifiés plus tard et sans cesse de « militants » par David Pujadas – ressemblaient à des grappes de cerises l’ornant de tous côtés.

La joie gouvernait.

La foule, immense, ne nous permettait pas de stationner pendant trois heures pour attendre l’arrivée du nouveau président de la République. Nous avions d’ailleurs rendez-vous avec une amie rue de Lappe : tous les cafés, combles, diffusaient la déclaration télévisée en direct de François Hollande depuis Tulle (Corrèze). Sa voix, qui manquait vraiment d’une lampée de sirop Tiphon, résonnait dans la petite rue qui avait gardé ses pavés anciens.

Puis on poursuivait dans la rue de la Roquette jusqu’à l’avenue Parmentier. Là, on verrait, à la télévision, les différents intervenants glorifiant, avec raison, ou méprisant, avec tort, l’événement qui venait de se produire. Les représentants de la droite – sur Twitter, il avait été écrit, vers 18 heures, dans la fameuse rubrique #RadioLondres une phrase, parmi tant d’autres, amusante : « Adieu, veau, vache, cochon, Copé… » – et les commentateurs entonnaient déjà le refrain, avec un air gourmand : « C’est demain que les difficultés commencent ».

Vers 23 heures, le cortège plutôt dément de François Hollande, venant de l’aérodrome du Bourget, était filmé par les reporters montés sur motos (dont une accidentée) : on le vit passer à toute blinde depuis le balcon du 6ème étage de l’immeuble dans l’appartement où nous étions invités en fin de meeting.

Ensuite, le candidat choisi par la majorité des Français pour les représenter au sommet de l’Etat improviserait un assez bref discours de remerciements sur la place qui célébra tant de victoires populaires et qui en voyait le 6 mai au soir, comme souhaité depuis des mois, une de plus, celle qui fait tant plaisir.

Le sarkozysme était désormais enterré, François Hollande, eh oui, avait pris le pouvoir suprême pour le partager et faire progresser le pays sous l’œil vigilant de tous les Français qui avaient cru en lui, et l’accompagnaient désormais dans sa démarche de gauche, à la fois présidentielle et déterminée.

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(Dansons La Carmagnole)

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