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Comme tout est là, sur le site du Centre Pompidou, il me semble inutile d’entrer dans les détails (la fermeture de l’expo aura lieu le 18 juin, comme un appel à aller la revoir ailleurs, par exemple à New York).

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Mais il y avait longtemps que je n’avais ressenti un tel bonheur à visiter (dimanche, fin de matinée) une représentation picturale de cette intensité, de cette vigueur, de cette géométrie, grâce à un parti pris théorique qui donne un pur sentiment d’accomplissement, de volonté orientée jusqu’à sa résolution, de logique et de plaisir mêlés, de beauté surmontant l’instant – puisque nous admirons celle-ci soudain devant nos yeux, comme ayant réussi à dépasser les vagues du passé ou ayant survécu à leur ressassement peut-être infini.

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Ce qui est particulièrement sidérant, dans l’offrande Matisse, Paires & Séries, c’est le petit nombre de tableaux, huit salles, seulement, et leur force, et puis surtout le principe de la répétition, une sorte de musique, des œuvres appariées (jusque par trois), de la mise en scène du même devenant autre, plus balancé ou plus puissant, qui embarque avec lui le semblable et la différence, le décalage perceptible ou pas, le mince nouvel espace, différentiel coloré ou métaphorique, le glissement imperceptible ou évident vers la seconde version (l’idem et le nec plus ultra), la représentation du double figuré, plus qu’esquissé, imposé en fin de compte avec la force du pinceau – sans appuyer pour autant le trait – le chromatisme ayant changé, comme foudroyé par un coup de soleil à Nice ou à Vence, après un détour par Issy-les-Moulineaux.

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Matisse : des liens redoublés (avant Internet, même si l’on croit un moment apercevoir un ordinateur portable dans une toile !), l’œuvre au travail ou le travail à l’œuvre, l’harmonie des jaunes, des verts, des rouges, des bleus, la fusion et la perfusion des couleurs dans notre œil soudain ébloui, transpercé, vitrifié, avant le retour au présent comme décroché avec malice de la cimaise.

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(Stravinsky, L’Oiseau de feu)

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