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Hier soir, création de Re Orso, « Légende musicale » de Marco Stroppa, au théâtre national de l’Opéra comique, d’après une fable d’Arrigo Boito (publiée entre 1864 et 1902), mise en scène de Richard Brunel, avec l’Ensemble Intercontemporain dirigé par Susanna Mälkki.

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Quand les lumières s’éteignent dans la salle, comme soudain l’éclat de ses ors, la scène se peuple du Roi Ours lui-même, ceint de son écharpe de commandement, entouré de ses courtisans, et la danse commence, la nappe de la table des agapes se teinte couleur sang, celle-ci monte dans les airs avec les flammes d’un chandelier, la musique devient stridente mais ne peut couvrir les voix aigues, les courses effrénées, les rires endiablés, la révolte gronde, la Crète déjà est en proie à la politique, la bête humaine ou immonde dévore ses enfants, l’un d’eux agite son double-marionnette et fait naître un pigeon de ses foulards rouges et blancs, le ciel est dans les cintres, le néon Orso surplombe le spectacle, les musiciens sortent de la fosse et envahissent l’espace, le pavillon d’un cor d’harmonie peut servir une seconde de chapeau, l’alambic monstrueux distribue son vin, ceci est ton corps, le piano joue tout seul, petits marteaux sans maître, le Roi Ours opéra (sa magie) mais se trouve maintenant aux abois, et tout cela finira mal, dans la linéarité de la comédie du pouvoir à sa tragédie.

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Oui, la mise en scène est puissante et inventive mais, à cause de sa profusion même, semble faire passer parfois la musique au second plan. Il faudrait pouvoir l’écouter en fermant les yeux – ce qui serait assurément dommage pour les images. Pourtant, l’expérience pourra être tentée lundi 21 mai à 20 heures : retransmission de l’œuvre de Marco Stroppa sur France Musique.

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