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C’est l’heure idéale, les soirées sans crépuscule tout de suite arrivé, on paresse aux terrasses, il y a du soleil même à Paris, et revoilà, comme chaque année, le mois de réjouissances organisé par l’Ircam (du 1er juin au 1er juillet), concerts, expérimentations, conférences, théâtre, culture…, sous le nom de Manifeste 2012.

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Hier soir, à 19 heures, un spectacle d’Alban Richard (chorégraphie et interprétation), Raphaël Cendo (musique, jouée par l’Ensemble Alternance) et Valérie Sigward (lumières). Avec un texte extrait de Leaves of Grass (1855) de Walt Whitman, réalisation informatique musicale Ircam/Olivier Pasquet.

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Ainsi, la mise en scène de Night : Light est déroulée dans « l’espace de projection » de l’Ircam. Les spectateurs sont assis autour du rectangle de 22,50 mètres de long, sur 15 mètres de large et 10,50 mètres de hauteur. Une sorte de fumée non toxique nous chatouille les yeux, au début.

Dans la cabine lumineuse, les musiciens et leur musique se déclenchent. Alban Richard apparaît et durant 45 minutes tiendra, tout seul, le fil de l’improvisation apparente : parler, bouger imperceptiblement, ramper, sauter, faire de l’équilibre, courir, regarder, pleurer – présence éminemment puissante.

La musique enveloppe alors cette peinture en relief à la Bacon (Deleuze pas loin), où le corps se dissout, s’estompe, réapparaît au gré des projecteurs intermittents – le danseur n’est pas filiforme, il porte une sorte de tenue psychiatrique matelassée – alors les stridences sont celles, à la fois physiques et métaphysiques, de l’être en mouvement, collé au sol, puis décollé du réel.

A la sortie, il fait toujours jour.

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[Raphaël Cendo : In Vivo, part I]

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