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C’était le 14 juin, assez près du carrefour Stalingrad, Paris (19e) : quelques magasins chinois de gros vendent là des épices, du riz, des aliments importés. L’inscription sur ce camion m’a fait alors penser à l’Inde – c’est un Etat de la côte sud-ouest – et ce seul nom m’a envoyé d’un coup d’aile là-bas, où je ne suis jamais allé : je m’étendais sur la plage (il n’y a pas de saison froide), j’entendais le flux inlassable de la marée, la paix était dans mon esprit.

Le pouvoir chargé d’un nom pouvait ainsi éclater à l’impromptu (à l’improviste, dirait Jacques Réda, sur un ton plus jazz) et par la seule combinaison de ses trois lettres faire voyager comme sur un tapis volant.

Le prélassement n’aura duré que le temps d’un feu rouge : le soleil déjà déclinait à l’horizon tandis qu’un petit bâteau de pêche rentrait au port en cabotant. Il fallait abandonner le farniente, la peau commençait d’ailleurs à cuire avant d’aller au restaurant, et des boissons fraîches seraient les bienvenues. Le pays des palais, des Maharadjas, de la misère et du sitar, s’était rappelé à mon souvenir avec cette ancienne colonie portugaise et l’immensité du pays tout entière apparaissait soudain contenue dans ce mot couleur sang peint sur le fond blanc (sable brûlant) d’un véhicule de marchandises : Goa – ou l’injonction de partir.

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(Ravi Shankar, Raga Bahar)

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