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L’équilibre n’est pas évident, quand on n’a plus quatre roues mais seulement deux. Il suffisait de se lancer un jour et le décollage avait lieu, comme un avion qui soudain se soulève en l’air. Le moteur était dans les genoux, les mains sur le manche à balai, la piste devant, si longue, et le vent dans la figure.

Apprendre le vélo tout petit, première étape du permis de conduire, l’autonomie et en connaître enfin tout un rayon.

J’ai roulé, j’ai appuyé sur les pédales (un jour, ce sera une « 2 cv Charleston » bordeaux et noir achetée pour mes enfants, mais j’étais trop grand pour me glisser dedans), la force produisait l’avancée, et la persévérance le parcours.

Ensuite, les chutes, les coudes râpés, les égratignures, le mercurochrome, les petits sparadraps (adieu !) et puis reprendre l’engin sans lui en vouloir, mouliner (Moulinsart) sans regret, à nouveau, comme pour vaincre l’adversité.

« Un petit vélo dans la tête » : oui, tourner toujours, activer l’engrenage comme celui d’un moulin à café mécanique, produire sa propre énergie (écologie avant la lettre), se débrouiller sans carburant, avant que ne viennent plus tard Solex et mobylette, puis voiture et moto, et enfin les embrouillamini de la circulation.

Le deux-roues : équilibre instable qui fonctionne comme par miracle avec la force humaine (on n’oublie jamais les mouvements appris et indispensables comme ceux de la natation). Il est donc normal d’attacher son vélo, quelle que soit sa dimension : l’anti-vol veille attentivement sur l’envol réservé à son seul bénéficiaire.

Le plaisir se doit d’être parfois verrouillé.

(Photo prise lundi, quai de Jemmapes à Paris, 10e. Cliquer pour agrandir.)

(Art Farmer, Darn that Dream)

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