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Il suffirait de voir en transparence des portées de musique et l’écriture viendrait s’y poser avec les images, comme ces notes qui imitent les hirondelles sur des fils.

Dehors, un vague soleil qui donne du vague à l’âme, après les quelques cataractes de ce matin : tiens, je pourrais mettre juste ici quelques photos prises en coup de vent gare du Nord, à Paris, des vues ordinaires mais la banalité, à force, amène à s’interroger sur le réel et ce qu’il dissimule.

Là, quelques butoirs sont esseulés. Leur tranchée d’arrivée ne montre que le vide creusé. Il s’est peut-être produit une modification (Michel Butor aurait rêvé un jour d’avoir un « i » dans son nom) sans que l’on en soit averti.

En fait, tout paraît mécanique dans le corps, je suis comme une loco avec un tender, les rails ne se rejoignent jamais, les traverses sont des obstacles symboliques – il faudrait revoir aussi le film Trains étroitement surveillés, de Jiri Menzel, d’après le livre de Bohumil Hrabal.

Le jour s’est maquillé mais perd son rimmel. De gros nuages blancs sont venus à bout de la pluie, comme poussés par des machinistes de théâtre invisibles, une flaque de bleu joue maintenant le contraste dans le ciel.

(Photos : cliquer pour agrandir.)

(Duke Ellington, Take the A Train)

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