Mots-clefs

, , , , , , , , , ,

(Photo: Paris, 10e. Cliquer pour agrandir.)

Le 19 septembre dernier, j’avais pris cette photo car l’affiche sur la vitrine de la boutique m’avait rappelé une visite à une exposition dans cette galerie parisienne avant que Barack Obama ne soit finalement élu.

C’était il y a déjà si longtemps : l’article du Chasse-clou date du 30 octobre 2008, c’était l’époque du très beau clip, réalisé par le fils de Bob Dylan, « Yes we can » (cliquer sur le mot « musicale » souligné dans le texte, sous la septième photo), auquel avait participé l’adorable Scarlett Johansson.

Et maintenant une autre expo était annoncée, car de l’eau avait coulé depuis sous le pont de Brooklyn, entre autres, et les nouvelles élections, le 6 novembre, approchaient en joggant.

Le candidat républicain, Mitt Romney, accumulait gaffes sur gaffes tandis qu’Obama tenait ferme sur les grands sujets tels que le Health Care (même s’il n’avait pas encore affronté le lobby des armes à feu), la réindustrialisation, la lutte contre le chômage et une politique étrangère responsable. Les femmes le préféraient d’ailleurs à son concurrent républicain.

Si l’autre élection présidentielle s’annonçait, la nôtre semblait déjà lointaine à cause du formidable et récent déchaînement de la presse contre François Hollande, les organes dits « de gauche » tels Libération, Le Nouvel Observateur, voire Mediapart, ayant joint leurs voix au « Hollande bashing » devenu la mode journalistique du moment.

Il était intéressant de voir comment la presse américaine analysait le duel Obama/Romney (« le choix entre le mal et le pire », pour le sempiternel donneur de leçons Serge Halimi). Deux conceptions du journalisme semblaient alors se révéler : une presse moins « engagée » et plus axée sur les faits, le décryptage des vérités et des mensonges, de l’autre côté de l’Atlantique, tandis qu’ici dominait une sorte de parti-pris (revanche idéologique après la victoire de la gauche le 10 mai dernier) de « démolition » de ce qui avait été décidé et était désormais lancé sur les rails du changement, comme si celui-ci n’aurait jamais dû arriver et qu’il fallait enfin sortir du cauchemar socialiste.

La presse française dans son ensemble (l’hypocrisie du « Monde » faisant florès sans complexe), reprise par la télévision – France 2 avec son inénarrable François Lenglet  pontifiant tous les soirs au journal de 20 heures – et esclave de la surrenchère exercée par les chaînes d’info sans recul type BFMTV ou i>TELE, nageait dans la bonne grosse démagogie, celle que n’aurait jamais osé espérer l’UMP avec ses chefaillons pas gênés, en revanche, par leurs cauteleuses accointances avec la pensée (si l’on peut dire) du Front national.

Mais la victoire probable d’Obama pour son second mandat donnait un regain d’espérance contre le fatalisme ambiant, même en France. Il fallait sur le champ retourner à la Dorothy’s Gallery !

Publicités