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Tu voulais transformer tes jambes en casse-noix, mais tu avais oublié le mode d’emploi. La douceur de tes cuisses a frôlé mon indifférence, il pleuvait au dehors et le tambourinement arythmique sur les vitres me faisait penser à autre chose, à une fête en Afrique avec des danseurs en pagne et des danseuses aux seins nus, ambiance coloniale avec un Lévy-Strauss prenant des photos en noir et blanc au Leica, l’atmosphère était chaude, je me demandais si ces femmes pratiquaient des tours de magie ou bien si c’était seulement des attitudes, positions, propositions autres qu’indiennes, grecques, italiennes, comme chez Berlusconi lors de soirées spéciales dans son lupanar digne de Néron, pendant ce temps-là tu t’ennuyais et t’occupais de toi-même, tes petits gémissements ressemblaient à un appel feutré, il fallait que je sorte de ce rêve mais il m’enserrait comme un serpent python.

(Photo prise le 14 août. Cliquer pour agrandir.)

Tu allais bientôt sonner à la porte de la villa rétro – tu étais Bruxelloise – de ce quartier chic où tu étais attendue fiévreusement, où l’Art nouveau n’a pas été totalement rattrapé par l’ancien, où les courbes des façades et leurs ornements rappellent le corps féminin, il suffit seulement d’en trouver la clé.

La musique battait son plein, la poussière montait du sol devenu cratère volcanique, et je cessais alors de respirer pour ne pas me sentir à contre-temps. Comment imaginer mes cendres dans le ciel ? Je me posais cette question juste avant de perdre connaissance.

(Mory Kante, Inch’ Allah)

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