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Comme une apparition, hier en fin d’après-midi, N.Y.C. en banlieue parisienne, des années en arrière, et puis Claude Pélieu revient dans l’instant (pensée nordique pour Lucien Suel), juste placé typographiquement avant la voiture américaine.

« Les chalumeaux ouvrent un Vietnam d’aube, tragiquement normal & de petits morceaux de buvard courent dans l’air avec les bulles d’argent.
Les couleurs de ce millénaire ont opté pour l’Astragale & l’Ipomée du Matin, pour le regard Domino – les Grandes Plaines ont engendré ces images – des excréments brillaient comme des lucioles, sauvages & paresseuses – ô sexes boulonnés par les robots – la mie de pain n’a jamais pleuré – Allen avait apporté un poisson fumé, 3 pommes & une bouteille de lait – Nous avons bu du thé à la menthe ou au miel puis nous avons fumé.
Nous avons dansé en plein ciel.
Mary coloriait ses tarots.
La peau terrestre du téléphone se déchira & l’épée du Printemps étincelait malgré le froid.
Tim Leary est en prison – une lune rose sur ce mur s’immobilise – ce mur blanc comme un coup de fouet.
Ce mur où Burroughs cracha rouge lorsque Kerouac mourut – L’herbe n’est pas coupée, mais des yeux verts l’ont vu rire. »

Jukeboxes (les micros hystériques), poèmes 1967-1970, par Claude Pélieu, introduction d’Allen Ginsberg, 10 x 18 Christian Bourgois, Dominique de Roux, N° 661 (© Union Générale d’Editions, 1972, pages 39-40).

(Photos : cliquer pour voir la Ford en plus grand.)

(Ornette Coleman, Love Words)

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