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(Photo : cliquer ou non, pour agrandir ou non.)

Il avance nonchalamment sur le trottoir, d’une démarche chaloupée sous la pluie fine, on est samedi après-midi, Paris Xe. Il est très grand, et je trouve que sa casquette est adaptée à ses baskets, comme ses écouteurs : avec le blouson noir et la pantalon bleu, ça fabrique un bel ensemble.

Je me demande ce qu’il peut écouter comme musique et ce à quoi il pense. Beaucoup de magasins ont leur rideaux de fer baissés (jour de Sabbat).

Maintenant, il dépasse la VW Touareg (les vrais roulent plutôt dans le désert en pick-up Toyota), mais il ne monte pas dedans, ce véhicule ne lui appartient pas.

Au bout de la rue (Pierre Chausson, je crois), il débouchera dans le boulevard de Magenta, il traversera et il ira peut-être sur la petite place Jacques Bonsergent où le « kiosquaire », comme dit Antoine Compagnon, est toujours ouvert, qu’il pleuve, vente ou, plus rarement, neige.

Je ne sais pas s’il achètera un journal en papier, il continuera sa route, peut-être vers la tentatrice (à cause de son nom) rue de la Grange-aux-Belles, puis jusqu’à la place du Colonel-Fabien – où la soucoupe de l’ex-PCF attend encore le signal du drapeau rouge pour décoller – et ensuite il pourrait obliquer vers le lieu de pur métal où se croisent les métros aériens et où l’on célèbre la bataille de Stalingrad, pour rester dans le même ordre d’idées.

Un jour, on pourra sans doute se mettre carrément dans la tête d’un autre ou d’une autre : la communication aurait alors franchi un grand pas, j’ignore si ce sera ou non une avancée.

(NTM, Tout N’est Pas Si Facile)

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