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Jamais je n’ai pu considérer que la gauche et la droite, c’était la même chose (« nous ne partageons pas les mêmes valeurs », mais à l’envers), et même si la première, depuis qu’elle est au pouvoir – après dix ans de chiraquisme, de sarkozysme et de cataclysmes – a pu et pourra sans doute encore commettre des « couacs » ou des bévues, les bavures permanentes de la seconde, sa suffisance, sa morgue, sa morve, ses accointances avec les « puissances de l’argent », ses compromissions, ses idées réactionnaires (voir le récent débat sur « le mariage pour tous »), ancrées dans un conservatisme absolu, ne pourront servir d’écran de fumée à ce qu’elle perpétue historiquement : l’alliance du sabre et du goupillon, du rasoir et du coffre-fort, de l’ordre moral et des coups bas et obscurs.

Le feuilleton actuel, dont on ne saurait sous-estimer la vis comica indéniable (à quand un film sur cet épisode désormais historique ?), nous a montré une lapidaire UMP et sa toute neuve concurrente au meilleur de leur forme.

(Capture du monde.fr d’hier. Le tag a été rajouté. Cliquer pour agrandir.)

Un Copé, un Fillon, un Juppé, un Sarkozy ressorti, en short, de ses bureaux huppés à la porte peinte en rouge : le quatuor était au rendez-vous, l’entente « cordiale » immédiatement célébrée par un Pujadas ravi (hier soir) dans ses petits mocassins, alors que la solution se révélait tellement facile à trouver : lancer un référendUMP auprès des « militants de la France », comme le prêche le slogan de l’ancien Premier ministre qui porte la raie à gauche, afin de savoir… s’ils désirent un nouveau vote afin de trancher entre les deux vainqueurs proclamés.

Les méthodes de calcul des votes empreints de fraudes diverses ayant montré qu’elles étaient quelque peu sujettes à caution (Éric Wœrth est pourtant un spécialiste ès comptabilité), on a imaginé faire appel à une boîte privée et indépendante qui mettrait tout ça sous surveillance informatique.

François Fillon a néanmoins pris ses précautions : il vient de créer dare-dare son propre groupe à l’Assemblée nationale, le RUMP (« Rassemblement UMP », l’oxymore à la mode), avec un score de 69 partisans face à la cohorte restante de Jean-François Copé, qui additionne un total de 125 séides.

Guerre du tout-à-l’égo ? Le jeu de go est bien parti, et Jacques Chirac, qui aurait voté Hollande à l’élection présidentielle, sirote tous les soirs, à petites gorgées, quelques Corona tout en regardant la télé : la politique le pique encore.

Hélas, le « suicide en direct », trompetté inconsciemment par Le Figaro,  et qui aurait été digne d’une secte, semble reporté. Il faudrait peut-être alors faire appel à Tom Cruise, un « ami » de Sarkozy, qui pourrait jouer à la perfection le rôle du « sauveur » arrivant in extremis devant ses ouailles, juste avant l’auto-hécatombe.

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