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Etoile_DH(Photo : cliquer ou bouger pour éclaircir.)

Simple illumination : l’étoile est tombée du ciel et s’est réfugiée derrière la vitrine. Personne ne marche dans l’avenue, le stationnement du bus s’inscrit en V (comme virtuel) sur la chaussée humide. Nous sommes à Paris, le 7 décembre 2012, il est 6 heures 48 du matin.

Un type passe, mais il ressemble à un pur courant d’air : je le remarque uniquement à cause du bout incandescent de sa cigarette (pour le moment, on a encore le droit de fumer dans la rue). Le reste de son corps n’est pas visible.

Il paraît qu’il y en a de plus en plus, des comme lui : seule la petite braise rouge les signale à l’attention des observateurs. Ce ne sont pas des SDF ni des sans-papiers, ni des zombies, ni des étrangers. Ils appartiennent à une nouvelle catégorie de population : les transparents des rues.

Ils ne dérangent personne, ils ne se nourrissent pas, ils vivent de l’air du temps, mais leur seule manie est de fumer. C’est sans doute pour enrayer leur prolifération que l’on va, entre autres mesures, apposer sur les paquets de cigarettes des photos encore plus grandes des différentes formes de cancers provoqués par ce vice impuni – qui n’est plus la lecture.

En revanche, les fabricants et les marchands de tabac ne sont pas très contents : pourquoi ne pas autocoller des têtes de mort sur les portières des voitures ? Il est vrai, en comparaison, que le nombre de victimes est ridiculement faible dans ce domaine qui représente un phare (en code) de notre industrie.

Les transparents des rues, eux, s’en moquent : ils les traversent sans aucune crainte, même en dehors des passages-piétons.

(Nicola Sirkis et Axelle Renoir, reprise de la chanson de Serge Gainsbourg avec Catherine Deneuve)

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