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Au bout du compte, il faudra bien qu’ils disparaissent un jour, ça fait quand même bizarre, non ? Comme si un petit tramway ou un chariot de mine circulait encore à l’intérieur de cette entrée, et puis, pourquoi pas au dernier virage, continuer par un genre de Scenic railway qui monterait dans les étages, il suffirait de suivre l’escalier en colimaçon et finalement ce serait un voyage aussi agréable que sur la roue de Marcel Campion à la Concorde, en moins lumineux, en plus modeste, c’est ça, il nous faut des rails (mais pas en mou de veau) pour nous guider, nous montrer le chemin et là il n’y a aucun aiguillage, on ne risque pas une fausse manœuvre voire une rencontre inopinée, pas même besoin d’un type pour actionner le levier à la main, non, la courbe est douce et sans piège, elle mène sans doute là où il faut, remarquez qu’il n’y a pas de grosses traverses en bois plus ou moins goudronné ni de boulons rouillés, le seul problème c’est ce jour de pluie où quelqu’un, à cause de ses chaussures mouillées, pourrait déraper sur les parallèles du chemin de fer, se casser une jambe et ensuite se retourner contre les propriétaires de l’immeuble des rails, et en route alors pour un procès comme aux USA, et puis une pelleteuse Caterpillar serait appelée à la rescousse, elle mettrait le macadam en miettes et l’ancienne installation ferroviaire en l’air, on rénoverait enfin avec un beau passage lisse et bien peigné et il n’y paraîtrait plus, au train où l’on va.

Des rails_DH(Paris, rue Léon Jouhaux, 10e, 13 février. Cliquer ou bouger l’image pour la modifier.)

(Woody Guthrie, Cocaine Blues)

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