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« Roussel, on ne peut guère en douter, est proche parent de tous les inventeurs, acrobates, comédiens, illusionnistes qui forment la petite colonie prisonnière de Talou, proche parent surtout de l’universel Martial qui règne sur le jardin de Locus Solus. Il est l’ingénieur toujours éveillé de ces machines à répétition. Mais il est aussi bien ces machines elles-mêmes. »

Michel Foucault, Raymond Roussel (Gallimard 1963, page 89).

Je l’ai aperçu de loin, cet attelage automobile, et j’ai pensé immédiatement à l’étrange et merveilleux Raymond Roussel.

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En le dépassant (La Doublure, forcément), je l’ai reconnu, il était lui-même au volant, j’ai eu le temps de lui parler par la vitre qu’il a aimablement ouverte :

« – Vous venez de loin ?

–  Mystère !

– Vous rentrez à Paris ?

– Oui, j’ai rendez-vous avec Marcel Proust.

– Et votre roulotte en réduction, elle tient la route ?

– Oui, formidable, pas encombrante pour deux euros, et la nuit elle m’élance vers des rêves étoilés…

– Mais vous êtes immatriculé dans le Nord ?

– Vous savez que l’on peut choisir son numéro départemental : j’ai toujours aimé les masques et la discrétion.

– Pourquoi vous ne vous présentez pas à l’Académie française ? Il vous faudrait une gloire à votre dimension !

– Ces honneurs sont ridicules, et dans l’habit vert je serais gêné aux entournures. Je préfère le haut-de-forme à cet inimaginable bicorne.

– Oui, je comprends.  Alors : à bientôt, et préparez en vitesse votre CB pour le péage. »

Là, une fois arrivé à destination, je tombe sur cette citation par Michel Foucault (page 192), extraite des Nouvelles Impressions d’Afrique (1932), et qui tourne maintenant dans ma tête de manière ininterrompue :

« Le mal qui foudroie en plein bonheur les toupies ».

caravane2_DH(Photos prises le 1er avril. Cliquer ou bouger pour élargir le champ.)

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