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Donc, les trois bidasses (sûrement des Chasseurs alpins, vu la dimension des bérets) passent : le plan Vigie Pirate fonctionne tranquillement, on est dimanche dernier, ce n’est pas encore le temps des cocottes-minute de Boston (Massachussets) ou de l’explosion, jeudi, d’une usine d’engrais près de Waco (Texas).

Sur la piazza, pas loin de l’Ircam, les tambours viennent de se déchaîner : leur martèlement montre la force qui peut émaner de ces instruments et comment la percussion n’est pas seulement militaire. Le rythme va bon train, je me rapproche.

Et soudain, tout s’arrête. Trois policiers demandent ses papiers au chef d’orchestre. Des sifflets émanent de la foule. Après tout, par ce soleil, une cadence d’enfer faisait du bien, soulignait l’imperturbabilité du ciel et la lenteur des quelques nuages.

Non, les musiciens, une vingtaine, doivent plier bagage (un riverain du Centre Pompidou n’aimerait pas que l’on frappe sur des peaux ou confondrait la nuit avec le jour ?) : le silence retombe alors comme une chape, la sécurité du lieu a été préservée, l’art, c’est en face, et il y a des files d’attente pour ça.

Circulez, y’a rien à entendre !

Dans la rue du Temple, on roule en Ferrari : les tambours de frein des bagnoles au prix assez modique ont droit de cité et quelques privilégiés vroument-vroument ici sans aucun problème.

Plus loin, le long du canal Saint-Martin, c’est un pique-nique géant qui se prépare. Sans récriminations, la mélodie des conversations et le bruit infime des canettes de bière décapsulées se mélangent dans les têtes avec le silence de l’eau calme et verte.Temple25bis_DH

Temple25_DH Temple26_DHTemple27_DHTemple28_DHTemple30_DH(Photos : cliquer ou bouger pour agrandir.)

(Erik Truffaz, Down Town)

[ ☛ FIN ☚ ]

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