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L’expo au musée d’Orsay, intitulée « L’Ange du bizarre. Le romantisme noir de Goya à Marx Ernst », est vraiment belle, surprenante, sombre, éclatante dans une obscurité propice aux songes et fantasmes, virtuelle ou pas, vraie ou surréelle, dans le silence – nécessaire parfois – des seuls chuchotis devant tels ou tels tableaux, photos, sculptures, extraits de films, avec un parcours aéré en même temps que méphitique : Satan rôde.

Ne pas se fier à cette vidéo qui frise le ridicule.

J’ai pris quelques photos, juste après qu’un jeune sbire m’a fait remarquer, une fois la première captée à l’intérieur, que c’était interdit (ce que j’ignorais tout innocemment), et certaines, exécutées à la dérobée, ne sont pas très nettes, je l’avoue, ce qui augmentera fatalement le mystère.

Mais on peut toujours trouver ces images ailleurs.

Je n’avais pas emporté mon petit carnet avec moi mais je me souviens des œuvres de Füssli, de Caspar David Friedrich, de Franz von Stuck (son adorable « Péché »), de Böcklin, de Goya, de Bouguereau, d’André Masson, de Max Ernst, des dessins de Hugo, de la photo de Renée Jacobi par Jacques-André Boiffart (celui qui illustra Nadja), de celles de Hans Bellmer, des images spirites en noir et blanc, des statuettes…

Pendant ce temps-là, dans l’après-midi, les culs-bénits « anti-mariage pour tous » et autres adorateurs de l’UMP et extrémistes ressurgis des remugles de l’OAS iront faire leur petit pèlerinage à l’Assemblée nationale.

Après l’expo (merci à F. G.), sur le parvis, vers 13 heures trente, déjà on entendait les sirènes des camionnettes de CRS

et autres véhicules d’intervention policière déchirant l’air en prévision de la manifestation qui a rassemblé des dizaines de milliers de gogos avec leurs cerveaux frigides et congelés.

Mieux vaut, plutôt que d’accorder trop d’importance à cette opération manipulatoire, se replonger dans toutes les images ou les livres qui nous ont fait rêver ou cauchemarder hors de cette réalité pitoyable orchestrée à l’heure actuelle par une droite ayant retrouvé avec délices ses « fondamentaux », ceux de la censure, de la morale obtuse et de la répression, comme à l’époque du « romantisme noir » s’élevant contre l’emprise de l’interdit : celui qui cherche toujours à tuer la liberté et l’imagination, et leur vol fuselé.

Ange1_DHAnge2_DHAnge3_DHAnge4_DHAnge5_DHAnge6_DHAnge7_DHAnge8_DHAnge9_DHAnge10_DHAnge11_DH(Photos : cliquer ou bouger pour agrandir.)

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