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« Je me considère dans ma minutie. Je mets le doigt sur le point précis de la faille, du glissement inavoué. Car l’esprit est plus reptilien que vous-même, Messieurs, il se dérobe jusqu’à attenter à nos langues, je veux dire à les laisser en suspens.
Je suis celui qui a le mieux senti le désarroi stupéfiant de sa langue dans ses relations avec la pensée. Je suis celui qui a le mieux repéré la minute de ses plus intimes, de ses plus insoupçonnables glissements. Je me perds dans ma pensée en vérité comme on rêve, comme on rentre subitement dans sa pensée. Je suis celui qui connaît les recoins de la perte. »

Antonin Artaud, L’Ombilic des Limbes suivi de Le Pèse-nerfs et autres textes, Préface d’Alain Jouffroy (Poésie/Gallimard, 1968, page 105).

Work7_DHWork8_DHWork9_DHWork10_DHWork11_DG(Photos prises à Paris le 7 mai. Cliquer ou bouger les images pour agrandir.)

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