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Plus je mets les photos de l’expo Giuseppe Penone en brouillon, chaque soir, sur ce blog, avant leur publication le matin (ici : au moment-même où vous lisez ce texte), plus je suis frappé par l’intrication, l’imbrication, l’insertion, l’immersion, l’incision de cette œuvre dans le cadre qui lui a été offert à Versailles (Wikipédia n’est pas au courant mais on s’en fiche), et c’est pour cela que le souvenir en images perdure car il n’existe aucun hiatus entre les sculptures de ce créateur italien et le paysage dans lequel elles apparaissent ou se fondent.

On dirait, finalement, un passage de la théorie à la pratique : l’arbre montre ses racines au ciel – c’est presque du Romain Gary ! – qui n’en avait cure auparavant, le renversement se propose en mouvement dialectique, l’eau bienfaitrice tombe en effet de là-haut.

Les jeux d’eau sont nombreux à Versailles : la cour de Louis XIV était aquaphile et l’on ne peut s’empêcher de penser au film de Sofia Coppola, Marie-Antoinette. Les bosquets étaient propices aux amourettes, les labyrinthes aux poursuites galantes, et les bassins au rafraîchissement des sens.

Ici, Giuseppe Penone prend les choses à l’envers : les arbres sont évidés ou peints en or ou culbutés, les marbres ne laissent pas de marbre, les écorces sont des tunnels où personne n’ose quand même s’aventurer. L’enracinement, comme dirait Simone Weil, serait donc dans la tête ?

Lors de la promenade (c’est rare, dans un musée, quand on n’est pas pressé par la foule qui s’agglutine devant tel ou tel tableau), chacun peut découvrir l’inattendu, l’inespéré, mais qui s’impose avec la force de l’évidence : comme si Penone était devenu un autre (Le Nôtre) jardinier, n’en faisant qu’à sa tête, surtout quand le soleil est enfin roi.

Penone21_DHPenone22_DHPenone23_DHPenone24_DH(La photo ci-dessus est un jeu de cache-cache.)

Penone26_DHPenone27_DHPenone28_DHPenone29_DHPenone30_DH(Sauf une, toutes les photos sont agrandissables.)

[ ☛ à suivre ]

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