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Le parcours labyrinthique dans lequel nous entraîne Giuseppe Penone se joue entre des statues et des jets d’eau (nous ne sommes pas entrés dans le château) : il n’a pas sculpté d’êtres humains puisque ceux-ci sont déjà présents, existant avant sa venue ; il n’a pas lancé des traits aquatiques puisque ceux-ci s’élancent, lors d’intervalles minutieusement réglés, rythmés par la musique de Lully ou de Rameau, quasiment depuis le règne de Louis XIV.

Mais dans l’écrin royal de Versailles, le geste sculptural de Giuseppe Penone s’inscrit en pointillés naturels, en dentelles de matières nobles et sublimées (cas rare). Il aurait pu, lui aussi, tailler dans le marbre des personnages dénudés ou faire jaillir des feux d’artifices liquides. Mais sa présence ne redouble pas ce qui était « installé » avant lui : il s’en accommode, il les accommode – comme dans une mise au point oculaire – et les met finalement en relief par son intervention presque invisible.

Et lorsqu’il faut quitter le cadre enchanteur des jardins de Versailles sur un « final » dans le grand bassin de Neptune, la réalité se rappelle à nous : ici, on aperçoit une lettre incongrue ou artistique dans un mot aimé, et là il est temps que le conducteur rentre au bercail.

Penone31_DHPenone32_DHPenone33_DHPenone34_DHPenone35_DHPenone37_DH2013-06-16 16.24.43Penone38_DH2013-06-16 16.36.382013-06-16 17.22.58(Cette photo en dissimule une autre.)

2013-06-16 17.50.562013-06-16 18.08.01(Photos : agrandir si vous voulez.)

(Lully, Le Divertissement royal, Menuet pour les trompettes, Jordi Savall.)

 [ Fin ]

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