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Delphine Seyrig_DH(Photo : agrandir pour remettre sur roues.)

Tu avais sans doute emprunté un Vélib’ et, tu ne sais plus trop comment cela s’est produit, la chaîne a déraillé – cela n’arrive pas qu’aux trains – et d’un geste rageur tu as sûrement précipité le deux-roues sur le sol : comment aurait-il fallu que tu le ramènes à une « station » pour le faire réparer ? Tu n’as pas trouvé l’aiguillage, mais tous ces hommes et femmes te regardaient (sauf deux) en éclatant de rire, ou en souriant, devant ton attitude peu civile.

Au loin, l’enseigne de Renault te faisait savoir que, la prochaine fois, il serait plus sûr (même à une vitesse sans cesse réduite réglementairement) d’utiliser un véhicule de fabrication française, surtout pas une BMW, par exemple, pour te balader le long (ou de manière plus distancée qu’en vélo municipalisé ou en courant ou à pied) des berges du canal de l’Ourcq.

Ce plan était presque cinématographique : la rue Delphine Seyrig, sous la pancarte Pantin, te rappelait des souvenirs en noir et blanc.

Certaines séquences inscrites dans la mémoire s’effacent-elles à jamais – sans flash-back possible ?

(John Coltrane, Blue Train)

 [ ☛ à suivre ]