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Dès l’entrée dans le sous-sol du musée Ludwig de Cologne, avec l’espace consacré aux artistes américains, on tombe sur une visiteuse en arrêt devant un tableau qui lui fait face.

Hypnotisée, elle ne bouge pas. Un amateur d’art, qui me parle soudain en américain, s’approche pour en avoir vraiment le cœur net : il s’agit, en vérité, d’une œuvre de Duane Hanson.

L’hyperréalisme a frappé fort : l’illusion – la reproduction au millimètre près d’un être humain – est parfaite. La sculpture irait alors presque au-delà du réel, puisqu’un imperceptible décalage (l’absence totale de mouvement) nous ramène finalement – presque à contre-cœur – à son rivage sans visage.

D’autres tenants du « pop art » sont représentés en ce lieu, et des copies de leurs œuvres peuvent être consultées sans problème, notamment ici (car les photos de l’expo sont, Achtung !, interdites) : de Richard Hamilton, en passant par Andy Warhol ou Claes Oldenburg, à Tom Wesselmann.

Une fois remontés à l’air libre, le pont Hohenzollern attire par son architecture (remarquable), son ambition (passer au-dessus de l’eau largement impétueuse), son trafic (un train toutes les deux minutes), son bruit mécanique (musique répétitive à engrenages), sa décoration (du genre « cadenassée »), son nom (si l’on se souvient d’anciens cours d’Histoire).

Le Rhin, où filent les péniches industrielles, est ainsi plombé, surplombé, dompté, comme un immense cobra verdâtre, vert d’eau.

Une ville sans fleuve ou rivière n’est-elle pas, en permanence, assoiffée ?

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HZ4_DHHZ5_DHHZ6_DHHZ7_DHHZ8_DHHZ9_DHHZ10_DHHZ11_DHHZ12_DH(Agrandir les photos selon votre désir.)

(J.J. Johnson, Blue Trombone)

 [ ☛ à suivre ]